dimanche 6 janvier 2013

Je ne touche que les gens ; le reste, c'est inconvenant

Comme j'avais un téléphone au normes subsaharienne, c'est à dire finlandais, rafistolé, sans capot, l'écran rayé de sable, envoyant les messages quand il y pensait et enregistrant quand il avait le temps, j'ai été amené, après une panne supplémentaire qui m'a fait crier dans la rue "Allo ! Tu m'entend s?" à quelqu'un qui répétait d'un ton de plus en plus excédé "Allo ?", à changer, donc, de téléphone. L'accorte vendeuse s'est jetée sur moi avec un sourire carnassier. Mais je me suis aussitôt récrié : "Surtout, rien de tactile ! " Parce que c'est quand même un peu dégoûtant, de caresser son téléphone. Après, il est plein de traces de doigts, comme une table de cafétéria de gare. Et puis quand même, caresse-t-on un objet ? Même s'il souhaite que vous lui parliez, et que parfois il vous parle, ce n'est quand même qu'un petit objet. Des fois, tout comme j'ai l'impression que les chien sont une réduction émotionnelle d'un compagnon, j'ai l'impression que les téléphones sont les réduction émotionnelles d'un chien. Et de réduction en réduction, il ne reste plus grand chose des rapports émotionnels, non ? Je suis reparti avec un téléphone à touches.

4 commentaires:

saperli a dit…

vous avez bien fait, j'ai mis un an à apprivoiser mon tactile et encore, bien des fois, je le maudis !

TB.Ruiz a dit…

trouver un téléphone à touche de nos jours requiert patience, conviction, et fermeté auprès des vendeurs, c'est dire si c'est de la résistance que cet acte...

Anonyme a dit…



il y a le toucher frappeur de la touche, celui glissant...on frappe, on glisse... pourquoi tant de charge émotionnelle? pour repartir avec un "téléphone à touches"...De quelles "touches" est-il question?

Anonyme a dit…


parler de comment on touche, ce ce qui nous touche, c'est peut-être cela la question... le téléphone ne serait-il qu'un pré-texte?