mardi 27 janvier 2015

Les plus beaux picto du monde


A l’aéroport de Saint Petersbourg j'ai vu le plus beau pictogramme d'indication des toilettes que j'ai jamais vu. Il m'a sauté aux yeux, et ensuite j'en ai vu d'autres, tous pareils. Je les ai pris en photo, sous l’œil étonné des gens qui passaient. Au bon vieux temps du KGB, j'étais bon pour espionnage, vingt ans pour le moins, et ensuite échange à Check Point Charlie avec un espion pris la main dans le coffre aux secrets de l'OTAN. Parce qu'il valait la phot,o ce picto : c'est la première fois que j'en voyais un où l'on ne se contentait pas du dimorphisme vestimentaire pour marquer les différences qui mènent à choisir une porte ou l'autre : on y joignait aussi les dimorphismes physiques statistiques. C'est le premier picto de toilette que je voyais où l'homme était plus grand que la femme, et plus large aussi, j'ai mesuré. J'étais en Russie de puis un quart d'heure, et j'avais saisi beaucoup de chose du rapport entre les sexe, de l'image de Poutine, et de l'homophobie maniaque.

vendredi 16 janvier 2015

On finit toujours par en parler

C'est étrange de voir comment tout débat avec Zemmour est vain. Il y a toujours quelques héros des ondes qui veulent se le faire, chiffres en main, mais inutile, il glisse, échappe, retourne la situation. Il est le ninja du débat, pas la peine d'essayer. Et puis sa rhétorique se prête peu au débat frontal : il suggère plus qu'il n'affirme, et c'est l'auditeur qui entend en lui même ce qu'il lui a suggéré de penser ; et quand on revient à lui pour qu'il argumente, qu'il assume, il a beau jeu de prétendre qu'il n'a pas dit ça. Habile (dirait OSS).
Il est étrange aussi qu'il soit question de son "écriture", alors qu'il s'agit d'un mélange un peu ronflant d'allusion à des tics de langage d'époque et de figures de rhétorique à la manière d'un mémorialiste grand siècle, forme de pinaillage sur le vocabulaire pour faire passer en bel emballage des banalités. 
Il est étrange, aussi, que l'on "parle" d'idées, puisqu'il n'y a pas : ce qui se laisse vendre comme sciences humaines n'est qu'une répétition sur 500 page que "c'était mieux avant", et qu'il faudrait un homme qui en aie dans le slip pour remettre tout ça en ordre. Aïe aïe aïe, la cinquantaine est un naufrage. Remarque, je comprends.

jeudi 15 janvier 2015

Article de saison

Bon... Je ne vais pas faire un couplet indigné, en choisissant un par un les mots les plus violents pour dire une émotion, une indignation, etc. Pour ça, copiez/collez toute intervention médiatique indignée, j'y souscris. Tuez des dessinateurs pour un dessin, c'est carrément pas bien. Et maintenant ? 
J'ai vu la très belle salle du musée de l'immigration, du bel Art Déco comme j'aime élégant et majestueux, très paquebot chic, et puis je me suis demandé ce qu'on pourrait y mettre pour que le musée réponde à son but. Et bien je ne voyais pas bien. Finalement, la seule exposition claire que l'on pourrait faire, ce serait celle-ci : en tube de néons rouge, au milieu de la salle, un MERCI en lettres de trois mètres de haut. Avec comme titre: Merci d'être venu nous aider pour faire ce que nous avons fait, car tout seuls, on aurait eu du mal.  Finalement ça répondrait assez bien au cahier des charges de ce musée. Et puis ça remplacerait aisément la déclaration indignée que je n'ai pas faite un peu plus haut : parce qu'au fond, c'est quand même ça  qui manque un peu pour que tout le monde aie sa place ici. Pour que partant de République, on fasse Nation. Comme la marche de l'autre jour.


dimanche 22 juin 2014

Gloire au Rapatrieur, film violent et beau

Après avoir vu Homesman, j'ai fais un machinal tour de web, pour voir ce qu'en disaient les critiques. J'en fus pour le moins surpris. Ce que j'avais vu comme un grand film de désolation, qui penchait plus du côté de Cormac Mc Carthy que de Kevin Costner, était expédié par de petits avis chipoteurs. On louait l'image, le sens de l'espace comme on dit, mais rien sur ce paysage plat de fin du monde où se dressent ici ou là quelques arbres terrifiés, où on arrive à se perdre quand même. On trouvait ça lisse, et sage, alors que j'y voyais la mort à chaque instant. On trouvait que la parti pris féministe du film ne faisait que renforcer le masculinisme du western, puisque seules les femmes tombaient folles devant l'horreur de cette vie, et que le personnage masculin devient personnage central et positif sur la fin, genre à tirer tous les marrons de la rédemption du feu de l'épreuve. Sans noter que les hommes de ce film sont tous fous, mais d'une façon socialement intégrée, et que si le personnage masculin est central sur la fin, c'est qu'il est transformé par celle qu'il a rencontré. Heureusement que je n'ai pas besoin des critiques pour aimer les films, parce que j'ai l'impression, des fois, que les films, ils sont vus vite fait.

mercredi 18 juin 2014

Des nouvelles de Marsovie

Ce qui fait l'écrivain, est-ce la capacité d'aller ailleurs ? Écrivain, ce n'est pas plus, c'est autre; ce n'est pas plus futé, c'est futé pour ça; ce n'est pas plus intelligent, c'est développer cette intelligence là, celle là seule, peut-être. A l'époque où les avions n'allaient pas bien vite, Proust comparait l'avion et la voiture : l'avion, ce n'est pas celui qui va plus vite, c'est celui qui décolle. Et là, manifestement, Frédéric décolle, il est un peu ailleurs, en route vers le grand duché de Marsovie qu'il a totalement inventé, et où il revient à volonté.

lundi 16 juin 2014

Hommage à l'esprit canal

Voyons voyons...réfléchissons....nous avons des intermittents en grève....qui annulent un festival....menacent d'en annuler d'autres...bien bien....et puis les cheminots en grève....bon bon...qui font que des trains ne partent pas....oh oh....même le jour du bac....ah ben.....et partout de dire que les intermittents vont tuer la culture, et que les cheminots prennent les gens en otage....même le perfide Barthès s'amuse à faire un microtrottoir avec un faux sujet de bac : " la recherche du bonheur des cheminots justifie-t-elle qu'ils bloquent les trains le jour du bac ? "...ou quelque chose comme ça...ah ah....le travailleur est en effet emmerdant quand il ne veut pas travailler.....mais nulle part on n'entend que le medef prends la culture en otage en refusant un accord avec les intermittents...et que la direction de la sncf prend les gens en otage en refusant de négocier un accord.... on est deux, dans un dialogue, non ?  Et il semble que dans ces cas là un seul des interlocuteurs est dans la lumière, tandis que l'autre reste discrètement à attendre que la situation pourrisse.... Il est bien possible que dans cette histoire le medef n'en aie rien à faire de la culture, et que la direction de la sncf n'en a rien à faire des gens sur les quais : ce sont des pions dans un jeu de rapports de force, c'est tout. Et le perfide Barthès est aussi un pion dans le même jeu. L'ignore-t-il ?

mardi 22 avril 2014

Holland président câlin

On a beau dire, critiquer, se moquer, regarder les sondages qui plongent, les sketchs qui raillent, les conversations de bar qui critiquent, les discours qui accusent, quand même : un homme capable sous l’œil des médias d'un tel geste vis à vis d'un otage que l'on vient de libérer ne mérite pas toutes les ignominies qu'on dit sur lui. Il a fondamentalement un bon fond, un fond d'humanité irrépressible que tous les autres à sa place avant lui prenaient bien soin de réprimer, et que tous ceux qui veulent sa place promettent bien de ne jamais laisser aller. Il mérite donc d'être à sa place, cette homme là.