jeudi 10 avril 2014

Dessin / pas dessin

J'avais lu quelque part que dessiner sur une tablette, c'était comme écrire au stylo bille sur un boitier de CD....la comparaison n'est pas fausse. L'objet est performant, intelligent, efficace, mais confère à tout la même sensation de passer un bâton sur du verre. C'est assez étrange, assez anthropologiquement neuf, puisque si les premiers dessins furent réalisés avec du chardon de bois, tous les autres ensuite le furent avec du graphite plus ou moins mêlé d'argile, ce qui n'est pas très différent, et ce qu'on trouve dans les mines de crayon. Là, rien de tout ça, pas un truc charbonneux qui s'écrase et qui fait trace, mais une interaction électromagnétique que je guide plus ou moins sur une surface qui est en fait une illusion de surface. Je sais bien que le dessin est cosa mentale, mais quand même, un peu plus de cosa manuale me ferait le plus grand bien et guiderait mon trait. Dessiner les gens qui passent dans la rue me procure avec cet outil un sentiment étrange, d'être là / pas là. Mais peut-être s'y fait-on. Ou pas. On verra.

lundi 7 avril 2014

La recherche d el'origine

Des fois on entend de belles choses dans les cafés, on se demande où ils les trouvent, toutes ces anecdotes diverses qui sont racontées comme vraies. Parce que si les bonnes rumeurs se répandent par transmission, il faut bien quand même un jour que quelqu'un les invente. Je me demande qui invente les rumeurs.

jeudi 6 mars 2014

Halloween post-soviétique

Quand on fait la révolution par moins vingt, dans un pays qui a le niveau de vie moyen du Kosovo, et bien on improvise des tenues de bric et de broc. Mais quand ce même pays a une histoire agitée, qui fait la part belle aux héros, aux drapeaux brandis, aux révolutions, et bien on improvise des tenues qui ont quand même une certaine classe, entre Blade Runner, Mad Max, Alexandre Nevski et les jeux vidéo post-apocalyptiques. C'est l'étrange Ukraine, où les déclarations successives d'autonomie s'emboîtent comme des matriochkas.

vendredi 28 février 2014

On en regretterait presque l'original

Il y a quelque chose de Lidl chez Copé, un pragmatisme bas-coût qui se débarrasse sans complexe de l'emballage, de la déco, de toute mise en place joliment arrangée : on n'est pas là pour ça. Il faut juste gagner des voix, bon fera tout pour ça. Si on pouvait parfois quelques secondes avoir la tentation d croire Sarkozy, tant il faisait un avec lui-même et que cela lui servait de sincérité, comment croire celui-ci qui rayonne d'opportunisme heureux, sans la moindre trace de déguisement ? C'est Sarkozy en petit, ce qui ne fait pas bien grand.

vendredi 21 février 2014

L'art de reconstituer les restes

Du chapon il ne reste que les pattes et la tête entourée de plumes, parce que le reste...on l'a mangé. C'est étrange un animal reconstitué avec ce qu'on ne mange pas : du cochon il ne serait rien resté, du poisson encore de quoi nager, et de l'escargot une coquille dont on se demanderait jusqu'au dernier moment si elle est pleine ou vide, jusqu'à toquer à l'opercule et que personne n'ouvre. Et l'homme serait tout entier, car on ne le mange pas. Non, on n'insiste pas.

samedi 15 février 2014

Le héros et son double

A-t-on fait suffisamment remarquer qu'on ne voit jamais dans la même pièce Valls et Hollande ? Et qu'au conseil des ministres, ils ne sont jamais dans le même plan ? Ou sinon, toujours l'un de dos ? Mmmmmh ? Et ça ne vous dit rien, ça ? Parce que c'est pareil, quand Superman est là, Clark Kent a toujours disparu....et quand Bruce Wayne est là, c'est que Batman n'y est pas... Mais par contre, où Hollande se change-t-il ? Dans une cabine téléphonique ? Hélas, il n'y en a plus... Sur son scooter ? Dans un car de CRS ? Une enquête sérieuse s'impose...Les paparazzi de la DGSE sont sur le coup.

mardi 11 février 2014

Dessin vaudou

Les rapports entre écrivains et critiques sont étranges et impossibles : chacun a besoin de l'autre, n'est rien sans l'autre, disparaît sans l'autre, et c'est comme une partie de cartes entre mafieux rivaux, qui jouent avec le sourire mais ont des armes dissimulées dans leur manche, sous leur siège, scotchées à leur cheville. Au premier mot de travers, la fusillade est générale, alors on pèse les mots, qu'ils aillent droit, en en pensant  pas loin mais on n'en dira rien. On pourrait aussi cribler d'épingles une petite poupée de chiffons anthropomorphe; ou faire un dessin. A la plume, bien sûr, d'acier.