mardi 23 avril 2013
Un dimanche à la bombe
L'autre jour sur la Place des Terreaux je suis tombé par le plus grand des hasards sur un paquet de grapheurs qui graphaient sur de grandes boîtes posées sur la place, entourées de barrières pour que les spectateurs ne se tachent pas, et avec quelques vigiles pour que les spectateurs ne renversent pas les barrières. Un peu plus loin, des crews faisaient des battles sur une scène, avec un animateur ultrapositif qui félicitait tout le monde, comme une sorte de Jacques Martin avec une casquette et qui tenait le micro vraiment près de sa bouche. J'ai croqué quelques silhouettes, et je me suis rendu compte que j'avais un peu perdu la main. Vivement le soleil dans les rues pour que des terrasses je puisse croquer tout ce qui passe. Un peu de pratique silencieuse me ferait le plus grand bien.
jeudi 11 avril 2013
Il ny a de justice que dans les blagues
Le cut-up et le lapsus sont des sources infinies de rigolade, rigolade basée sur la mauvaise foi, bien sûr, mais sacrée rigolade. Par exemple : Margaret Thatcher has died from a strike, annonce la BBC, c'est à dire d'une grève, au lieu de from a stroke, c'est à dire d'une attaque. Morte d'une grève ! Cela aurait été parfait, mais à l'époque : le corps social malmené fait grève, et elle passe. Ce serait le doux rêve d'une justice immanente. Mais hélas, aucune grève n'en vint à bout. Et le pays, vingt ans plus tard, est gouverné par un poupin à belle cravate qui déclare que Lady Thatcher n'a pas seulement gouverné le pays, mais qu'elle l'a sauvé ; et qui affirme dans la lancée que vivre des allocations est pour certains un style de vie. Salauds de pauvres ! Faut leur couper les vivres pour qu'ils se remuent pour trouver du travail. Comme s'il en restait, du travail.
mardi 9 avril 2013
C'est parfois étrange, ce à quoi on passe son temps
L'autre jour, avec Antonin, nous parlions des vidéos d'internet, de l'immense peuplade des vidéos drôles, et nous trouvions que peu à peu, les limites semblaient atteintes. Parce qu'après ça...
On peut trouver ça...
Du coup, nous nous demandions ce qui pourrait être plus, c'est à dire moins....Je suggérais un harlem shake avec des chatons mignons...et puis, et puis...soudain je me rendis compte de ce que les jeunes gens regardaient pendant une bonne partie de leurs journées...
"Et il y en a qui s'efforcent de faire des livres! dis-je, accablé. C'est vrai, que quand on y pense...dimanche 7 avril 2013
Tout change en ce monde, mais pas tout le monde
Qui ne s'est dit un jour que ce type là, vraiment, s'est trompé de studio ? Car il est là devant nous, et il ne correspond à rien de maintenant, par contre il rappelle quelque chose. Il doit y avoir erreur.
Celui-là par exemple, grosse lunettes, pull sans forme, l'air pauvre, ailleurs, mais brillant, physicien atomiste sûrement, des installations secrètes de Oural-4, où on lui fout royalement là paix en échange de menus travaux de recherche fondamentale sur la contraction du temps.
Ou celui là alors, qui a traversé le Pacifique, l'Irlande, la Somalie, Venise, et j'en passe, qui n'est pas au courant qu'il est mort en 1936, qui se retrouve comme un âme en peine après la disparition de celui qui fut tout pour lui, maître du pinceau, et qui se résout à cela maintenant, boire des verres en attendant que le temps passe, veillissant lentement, privé d'aventures.
Et puis lui, figure des nuits d'Athènes, discutailleur insupportable, usant des pires contorsions pour avoir raison, et le pire c'est que ça marche. N'acceptera de disparaître qu'après avoir eu tort, et depuis cette promesse, reste là.
samedi 30 mars 2013
Il est des mots qui ne s'enracinent pas
Il faut faire de nécessité vertu, et si j'invente des néologismes c'est que je ne sais pas prononcer les langues étrangères : je n'ai jamais su comment on disait thriller, parce que je l'ai surtout lu, sans savoir jamais eu à l'employer. Et quand je l'entends, et que je m'y essaie, je ne sais pas me décider : soit on le dit parfaitement bien à l'anglaise, avec une sorte d'étrange effacement du "thr" qui est là sans être là, présence fantomatique que je ne saurais reproduire, soit on le dit à la française, avec un "sri" qui tombe assez mal dans notre langue, qui se rythme différemment. La peste soit de ces mots imprononçables, qui soit s’aplatissent quand on les intègre, soit restent sauvages et agités, et il faut prendre son souffle et faire un petit bond de cabri dans la phrase française, tant le rythme des deux sont incompatibles. Même chose pour le "Cents" des euros, imprononçable en français pour ces raisons là, car l'on devait retenir son souffle et lancer le mot comme une balle pour ne pas le confondre avec le cent, qui se prononce bien, lui, mais veut dire autre chose, heureusement qu'on l'a converti en centime, bien plus adapté au climat. Du coup, je néologise, je néopronnonce, et la fluidité de l'ensemble est conservée. Cela me va mieux ainsi.
dimanche 10 mars 2013
A voir ce qu'on voit, on se demande si on ne voit pas autre chose
En ces temps de débat raidi autour de de la nature du sexe et du sexe de la nature, où il en est qui prônent un mariage écologique et productif (si si, j'ai vu les affiches sous le pont de Perrache, en courant ce matin, elles n'étaient qu'à moitié arrachées), chose que j'ai mis un moment à comprendre et que j'ai compris comme réaffirmation des normes les plus stricte, un appel à suivre les lois de la Nature, même si on ne sait pas ce qu'elles sont, ces lois, et même pas vraiment ce qu'elle est, la Nature, et bien ce dessin peut prêter à confusion. Mais ce n'est que la nom du bar. Tout ici est parfaitement authentique et naïf. Bien sûr. Comme toujours. Cela va sans dire.
vendredi 8 mars 2013
Retrouver la banquette de Thomas Bernhard, et s'y assoir
Vienne est étrange, un mélange de Shonbrunn/Sissi très niais, de graphisme sécessionniste épuré, et d'air du temps années cinquante resté là, plutôt dépressif. Mais ça va ensemble au fond, chacun étant la fuite de l'autre. On doit fuir beaucoup, à Vienne, tant l'air doit pouvoir être un peu lourd à respirer, à force.
Mais la plus belle chose de Vienne est sans conteste les cafés. Ce n'est pas une légende. Il en est de fort touristiques, des chics où les serveurs parlent français, des étudiants assez bruyants où les serveurs sont tatoués, et puis des vastes et tranquilles. Des merveille de tranquillité. Des océans de tranquillité. On y sert plusieurs sortes de café et dans une vitrine sont exposés les Sacher Torte. Je crois que si j'avais de tels cafés près de chez moi, je m'y établirais, demanderais que l'on place la petite pancarte "Reserviert" sur l'une des tables, et ce serait définitivement mon bureau.
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