lundi 8 février 2010

La limonade du Dimanche


Devant la porte de l'Eglise Saint-Georges, il y a un mendiant, comme devant toutes les églises de la Chrétienté, et ce depuis des millénaires. Devant la cathédrale Saint-Jean, c'est une vraie cour des miracles de marginaux à chiens, de clochards et de gothiques, un peu comme ce qu'on raconte des églises médiévales. C'est patrimonial en diable, tout ça. Mais la Police Municipale rôde et verbalise.



Mais l'église Saint-Georges est spéciale. La messe est en latin, les prêtres en soutane, et la messe des dimanches est suivie par des bourgeois catho très catho très bourgeois, et des jeunes scouts d'Europe en uniforme. La limonade de Marinette s'est ouverte juste devant le porche, une grande vitrine, juste del'autre côté de la rue, une rue étroite du Vieux-Lyon. Le lieu idéal pour voir la sortie de la messe. J'ai remarqué que les jeunes cathos ont un cou étrange : long, un peu décharné, un cou comme on les portait dans les années trente. Ce doit être la coiffure. "Alors, c'est bon pour l'inspiration, la Limonade de Marinette ? me demande le gérant. C'est sûr.

samedi 6 février 2010

Crocodile de cirque

Il y avait dans le métro une affiche merveilleusement absurde : elle annonçait un cirque, et dans un petit coin en bas, l'attraction terrible : Karah Kawak et ses crocodiles géants. Le nom et le monsieur nous ont fait tellement rire qu'Antonin l'a pris en photo avec son portable pour que je le dessine. Au fond, ça me rappelle les illustrés que je lisais enfant, ces bédés de petit format, en noir et blanc, mal scénarisées, mal dessinées, que les parents n'a&imaient pas mais dont les enfants d emon âge se gavaient. Il y avait là toute une mythologie très ancienne maintenant, un mélange de Fellini, de Western en toc, de fils de la jungle en carton. Tout cela a disparu dan sle modernisme des anées 80. Sauf en certains endroit, comme le coin inférieur gauche d'une affiche de cirque.

mardi 2 février 2010

Course de lecture


Duo de lecteurs penché sur l'Equipe. Il paraît que l'Equipe est le premier quotidien de France par son tirage, et son nombre de lecteurs. Je ne l'ai jamais lu. Mais dans les cafés le matin, il est très lu. Je dois passer à côté de quelque chose. Quelque chose qui passionne mes contemporains, mais me laisse froid. Tant pis. Il est assez de choses autour de moi pour m'intéresser pour le reste de mes jours; cela suffira bien.

dimanche 31 janvier 2010

Plus belle ma poubelle

Hé hé....la presse ultralocale repart....peut-être qu'on va faire un truc sur la gestion des déchets dans le Vieux Lyon, de façon citoyenne, responsable et durable, bien sûr....mais moi je m'en fous, je veux juste être Ministre de la Propagande dans le gouvernement populaire de la libre commune de Saint-Georges (qui est un petit tiers du Vieux Lyon déjà petit....on a le sens de la scission, ici...) Donc j'ai griffonné en gloussant beaucoup.

lundi 25 janvier 2010

L'idéologie libérale est une idéologie


Entendu une drôle de chose ce matin : les prud'hommes examinent le cas de caissières de supermarché virées pour avoir refusé de travailler le dimanche. Officiellement virées pour insubordination. L'ouverture des magasins le dimanche est légale dans les zones touristiques, mais l'histoire se passe à Oyonnax, Ain. Sinon, le travail le dimanche se fait sur la base du volontariat, la loi le dit, on l'a répété au moment de son adoption. Personne ne rouspétait. Personne ne disait haut et fort qu'un contrat équitable ne peut être signé entre deux parties inégales, quoi qu'en dise l'idéologie libérale basée sur l'idée de contrats libres entre acteurs libres. Dans cette idéologie la force compte pour rien, or dans ce bas monde elle est tout. Comment pouvait-on imaginer qu'un salarié puisse négocier librement son contrat ? Comment le croire sincèrement ? Ceux qui l'affirment sont ils criminellement incompétents ou criminellement retors ? Et ceux qui ne le dénoncent pas sont ils criminellement làaches ou criminellement indifférents. Je trouve qu'il y a là beaucoup de crimes.
D'autre part, ces garçons sont turcs.

jeudi 21 janvier 2010

La carotte devient bâton, ou l'inverse


J'ai une bienveillance coupable pour les glandeurs sympathiques. Coupable, car c'est limite de la faute professionnelle : mon métier exigerait que je sois ronchon et impitoyable. Mais certains me font rire, alors du coup, voilà : je ris. Cet Edouard là, je lui avais dit qu'il faudrait qu'il aie un bonnet à grelot et une marotte, cela lui irait bien avec son attitude en classe. Du coup, il me réclamait pour Noël un bâton à grelots. Alors je lui ai fait, et je lui ai donné. Je crois que ça lui ressemble. Il en était tout ému, l'agitateur. Bon, on verra bien ce ue ça donne....

lundi 18 janvier 2010

Alpes, peintur et grand air




Dimanche, sommes allé voir Chaissac à Grenoble. Par le plus grand des hasard, d'ailleurs. Parce qu'il pleuvait, la neige fondait, alors nous sommes allé au sublime musée de Genoble, et là, ils montraient Chaissac.


Je ne connaissais pas grand chose à Chaissac. Juste de quoi en reconnaître un quand je le voyais, et de le dater à dix ans près. Mais là, magie des rétrospectives, on en voyait plein. Je compris mieux. Il était un peu dingue, ce type, mais disait des choses merveilleuses. Il disait parler patois dans la langue de la peinture, et petit, il allait ramasser les plantes jetées, et à force de soin leur redonnait vie. C'est mélancolique, désarticulé, un peu fou, tendre et beau, et très triste. Il écrivait des centaines de lettres aux écrivains poètes et artistes de l'époque, qui répondaient. Ses lettres étaient des merveilles de poésies, mais écrites toutes de travers, comme un enfant qui apprend et qui rêve.


Et puis finalement il a fait un peu beau. Alors nous sommes allé marcher dans la neige, dans la Chartreuse, jusqu'à ce que le soleil se couche. Je me demande depuis combien de temps je n'avais pas marché dans la neige. J'avais un peu oublié le bruit que ça fait quand elle crise sous le pied. La Chartreuse est merveilleusement abrupte. Dès que le soleil s'est couché derrières les a-pics, une sorte de blizzard est monté de la neige. Nous sommes rentrés.