lundi 2 septembre 2013

Michael Kohlhaas sauve l'honneur du cinéma jusqu'à peut-être y succomber

Michael Kohlhaas est un grand film, je ne sais jamais comment l'écrire, je ne sais où on met les h, j'ai du vérifier, merci google, mais c'est un grand film. Son accueil critique est étrange : on le trouve trop long, ennuyeux, avec de beaux chevaux, ce qui est une façon de se moquer. C'est vrai qu'il n'est rien ici de la machine folle hollywoodienne qui agite et qui montre, ici rien ne s'agite, ce qui ne doit pas se montrer ne se montre pas, on laisse contempler. L'ennui, ma foi, n'est pas toujours l'ennemi, Tolstoï est parfois ennuyeux, Kafka aussi, et Proust donc, mais est-ce que cela importe ? Il est des films qui ne procurent aucun ennui physique, tant on est occupé par ce qui bouge sur l'écran, mais distillent un ennui métaphysique, tant ils sont vides. Michael Kohlhaas c'est le contraire. Ce film est tarkovskien, lent et puissant, toutes ses images saturées de présence physique. On chipote sur une cohérence historique, mais on s'en moque, j'ai cru que tout était inventé, et j'ai découvert après que les références minimes à l'histoire étaient vraies. Qu'en avait-je à faire? On chipote l'accent de Mikkelsen, mais son phrasé lent rejoint sa masse tellurique, celle de l'homme qui est tout un avec sa dignité, jusqu’à''à mettre tout le pays à feu et à sang s'il le faut. Le casting a ici du génie. Michael Kohlhaas est un grand film, c'est tout, il réconcilie avec l'idée même du cinéma. Après, on peut aller voir une bouse hollywoodienne atteinte de Parkinson, pour s'amuser si on veut, on s'en moque, le cinéma est encore sauvé.

3 commentaires:

CéCédille a dit…

Voilà qui donne envie d'y aller !
Et pour la "bouse hollywoodienne atteinte de Parkinson", vous conseillez quoi ?

Tom Riddle a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Tom Riddle a dit…

Un film vraiment formidable.