mardi 20 novembre 2012

Les affaires reprennent, heureusement

Quand je pense qu'il a fallu que j'attende un train à Strasbourg pour recommencer à dessiner un peu ce que je voyais. J'ai attendu une heure à côté de la gare, un dimanche matin de froid vif, dans une sorte de pâtisserie turque, mais grande. Et d'arrêter de courir m'a soulagé, j'ai regardé les gens, et dessiné un peu. Quel bonheur silencieux ! Au mur il y avait des pub pour le kebab, mais faites en Allemagne. C'est pas loin de Strasbourg, et l'industrie du kebab y est plus florissante et plus organisée, st s'exprime par des affiches très colorées que l'on ne trouve pas en France. C'est une des joies de l'exotisme, même à peine transfrontalier : quand de toutes petites choses banales ne sont pas exactement faites comme à la maison. Du coup on le remarque, et du coup on remarque celles restées à la maison. Le voyage pas très loin transforme la regard sur l'ultra banal. Ce qui est de bien plus d'usage que le spectaculaire.

dimanche 14 octobre 2012

Avant l'heure, c'est pas l'heure, c'est ça qui est bon

Bon je tiens à remercier de leur sollicitude ceux qui m’ont présenté leurs condoléances d'anniversaire pour la note précédente, mais qu'ils se rassurent, j'ai encore six mois. C'est un peu comme quand le réveille sonne avant l'heure, et qu'on n'a pas besoin de se lever. Alors on se rendort, avec un plaisir redoublé. Je connais des gens qui laissent leur réveil comme ça pendant les week end, ce qui est une sorte de sadisme inverse, une forme de jouissisme, pourrait-on dire. Avec le dessin de maintenant on va croire que j'ai du vague à l'âme. Mais là aussi, je fait du jouissisme malsain : je suis encore tenant du titre pour bien quinze jours. Après, bien sûr, je disparaîtrait aux oubliettes de l'histoire, et je ne serais pas que sur l'article Goncourt de Wikipédia, entre Houellebecq et le nouveau, pour l'éternité. J'espère que le nouveau a de la conversation, parce que les jours sur Wikipédia sont longs.

samedi 6 octobre 2012

Près à croire tout ce qui me fera croire qu'il me fait du bien

Il n'y aurait pas un truc numérologique qui dirait que le cinq, quand il est suivi d'un zéro, devient talisman positif ? Annulant ainsi toutes les ondes négatives émises par cette cruelle association ? Parce que je suis preneur, c'est urgent. Parce que ce n'est pas des ondes délétères, ça, qui font que le souffle se récupère mal, et qu'il faille dormir une nuit sans faille, et que le vin, au-delà de deux verres, tapisse l'estomac tout le lendemain, et que les bières et les frites d'hier soir viennent juste de finir de se digérer ? Ce ne peut être qu'une malédiction aztèque liées aux chiffres, parce que jusqu'ici, ces symptômes, je ne les ai jamais eus.

samedi 29 septembre 2012

Les voies de la Compagnie sont impénétrables. Heureusement.

Lors d'une conférence d'un Jèze, je note cela qui me plaît beaucoup. Mais il en était assez content, alors cela à commencé avec dans le flou et ça s'est poursuivi dans les rires de la salle. Et j'ai un peu perdu le fil. J'ai noté vite, mais pas le contexte. Je ne me souviens plus du tout ce qu'il voulait dire, ni même à propos de quoi il le disait. Ne reste plus qu'un paradoxe amusant, qui par sa concision même prend tout son poids de métaphysique, ou de blague. Ce n'est jamais très loin.

dimanche 23 septembre 2012

Les métropoles n'appartiennent à personne, heureusement


Une brillante médiabaronne, dont le métier est d'être entre autres polémiste, dit Wiki, écrit dans un article cette phrase qui sonne si merveilleusement le vrai :" Moi, quand je me promène dans les rues d’une ville, j’aime que les vêtements, les visages et les odeurs me disent où je suis." Et quand une phrase sonne si bien, comme sonnent si bien les verres de cristal, elle est vraiment fragile. Car au fond, "savoir où l'on est", par le spectacle si typique de particularismes, on ne le sait que dans les guides touristiques. Ou dans l'envie qu'on ne a. Parce que sinon, dans la réalité, c'est un peu mélangé. Et c'est d'autant plus mélangé que la ville est grande. l'article dont il est question traitait de Paris, et paris est juste ment l'endroit du monde, un des endroits du monde, où cette phrase qui sonne si vrai ne s'applique pas vraiment. Paris, c'est nulle part, parce que Paris n'est pas une ville, mais une métropole, paris est un chaudron où se brasse une dizaine de millions de personnes bien serrées s'entrechoquent en permanence. La métropole n'est pas l'émanation du lieu où elle est plantée, mais l'émanation de son propre flux intérieur; Les métropoles n’appartiennent à personne. C'est là leur enfer, et leur génie propre, leur angoisse et leur liberté. Moi qui suis petit gars de la campagne, je vais à Paris pour être nulle part, et en suis fort heureux.

lundi 17 septembre 2012

La ménagerie des étranges accueille un nouveau membre

Michel Serres est verni, quand il rencontre quelqu'un qui pianote sur son intellophone (intelliphone est déjà pris par une société américaine) et bien non seulement il en tire toute une réflexion sur l'économie de la connaissance, mais en plus c'est une charmante jeune femme, tout contre lui, dans une voiture de métro bondée. Je n'ai pas cette chance et ce talent (je ne sais pas laquelle des deux qualités s'applique à chacune des aventures de maître Serres). Moi c'est un gros type tout rond sur un banc qui vit dans son pouce sans relever les yeux. Mais peut-être il s'en passe de belles, sous son pouce. On a le monde dans sa main, et ses relations aux autres également, dit le maître. Oui. Et l'inverse aussi, car toute chose en ce monde est suivie de son ombre. Le nouveau savoir entraîne de nouvelles formes d'ignorance, la nouvelle intelligence de nouvelles formes de stupidité, le nouveau lien de nouvelles formes de solitude, consentie ou non. Dans le monde de la connaissance et des 5 000 amis apparaît l'Otaku, l'homme bulle qui flotte tout seul. Il n'a besoin de rien, il a tout dans sa main.

mardi 11 septembre 2012

Le marché aux grosses légumes


Dans un salon des livres on est comme au marché des petits producteurs de légumes, on est derrière son banc, alignés, derrière sa petite production, et on attend. Sauf qu'il est inconvenant dans le monde feutré de la chose écrite de se lever et de hurler des cris de maraîchers. Quoique certains s'y essaient. Alors on discute avec le lecteur qui vient signer, on sympathise avec le petit producteur qui est à côté, mais des fois quand même j'aimerais me lever et crier: " Il est beau mon prix, on liquide, on débarrasse, pour un acheté l'auteur vous raconte une anecdote inédite, pour deux d'un coup, une blague de chambrée, pour trois, aïe aïe aïe, l'auteur il vous embrasse..." Mais je me retiens. Alors je griffonne les gens qui passent, avec une garantie de ressemblance proche de zéro pour cent. Et là, à ce salon là de dimanche, comme je m'ouvrait de mon désir de griffonner à une lectrice venue me tenir compagnie, elle m'a acheté un exemplaire, et m'a donné une feuille de son carnet d'aquarelle, que je me suis empressé de gribouiller au stylo bille. Bénies soit les lectrices généreuses.